Accueil Géopolitique Combat Pour L’Hémisphère Nord – Extraits – “Pétrifier le monde arabo-perse”

Combat Pour L’Hémisphère Nord – Extraits – “Pétrifier le monde arabo-perse”

« Dans quelques jours, nous aurons inventé le démiurge de Ketmân. Se déchaînera alors la réaction, dont l’étape ultime sera la ruine financière des Archontes ! ».

(…) Il poursuit :

« Nous savons que leur plan immédiat est de pétrifier à l’arme nucléaire le monde arabo-perse, de se créer une voie royale à travers le Caucase, et de prendre la Russie à la gorge, avant de soumettre la totalité de l’Eurasie, de l’Atlantique au Pacifique, Chine incluse. Nous allons donc les aider à leur insu »

Quelques sourires renforcent l’intensité complice des regards dans le salon oriental. Tous sont confortablement assis. L’AKHÉNATON est à quai : crépuscule sur la Vallée des Rois, appels à la prière, légèreté de l’air, rives du Nil. Le café est servi par Niyazi, le maître de cuisine turc.

« La parousie du monde, le nôtre, en gestation, celui de l’Atlantique à Vladivostok, voici bien l’enjeu ! », reprend Alessandro de sa voix rocailleuse, « Prisonniers de leur rêve, sans s’en rendre vraiment compte, les Archontes ont œuvré pendant cinquante ans à la castration et la stérilisation de l’Europe de l’Ouest, et cela fait dix ans maintenant qu’ils ont œuvré à dénaturer la Russie et qu’ils tentent de faire de l’âme russe la Grande Prostituée du monde. Jamais, les forces saturniennes du ressentiment et de la laideur n’ont été aussi efficaces. »

Massoud acquiesce, calé sur ses coussins, tirant sur son narghilé, tandis que Lubomir crayonne consciencieusement sur son cahier à dessins. Cris d’enfants, sempiternelles insultes; Vladimir entrouvre la persienne à tribord. Le jour baisse, la rive du désert arabique s’embrase.

Dans l’air enfumé du salon les plateaux de cuivre semblent changer de forme à l’instar des montres molles de Dali. Alessandro allume une cigarette, en aspire goulûment la fumée qu’il relâche distraitement. Il continue :

« Ne nous trompons pas. Les Archontes, nous le savons, ne veulent pas seulement le contrôle mondial des sources d’énergie. Leur rêve est bien « humanitaire ». Ils visent en réalité la “table rase” qui aura pour conséquence l’holocauste des peuples historiques, en commençant par la destruction de leurs cultures, afin de créer un Homme nouveau. Leur projet est déterministe, quasi- messianique, et surtout très original. Leur première étape : imposer la victoire du marxisme par d’autres moyens, un marxisme « capitaliste », préalable indispensable à l’Armageddon de leur Grand Plan : la fin de l’Histoire. »

Selwyn médite rêveusement sur les conclaves que son grand-oncle Eric Arthur Blair tenait avec ses amis sur la fin de ses jours, dont il captura à jamais la conclusion : Eric Arthur Blair, dit Orwell, qui avait placé 1984 quelques décennies trop tôt.

Quand à Giancarlo, il fixe Atalanta, concentré. Alessandro poursuit :

« C’est aux États-Unis, nous le savons tous, que règne l’entropie des masses, l’esclavage de la pensée unique du matérialisme. Les États-Unis sont d’une certaine façon la nouvelle Union Soviétique du monde, une Union où le trotskisme aurait gagné, du moins pour l’instant. »

Alessandro porte sa tasse de café à ses lèvres, la déguste, la repose sur le plateau de cuivre placé devant lui, et se lève, précisant : « Anatoli et moi-même avons dans quelques instants un rendez-vous téléphonique avec Sinan Serdar. Aussi devons-nous vous quitter. Je vous prie de nous excuser. Passez une bonne soirée ! »

Kathy, assise à la gauche de Lubomir, se penche sur ses esquisses :

« La double couronne de la double Égypte. Comme cela te va bien, toi le champion du double « je » … ! Allons sur le pont, ce soir je veux te sentir doublement. »

(…)

Dumans et Massoud aiment extraire de Selwyn ces propos philosophiques et géopolitiques apparemment inutiles, qui cependant représentent la couche d’apprêt sur la toile de leurs actes. Ils abordent un sujet cher à Selwyn : l’énergie Touranienne. Selwyn lance : « Nous soupçonnons tous que, paraphrasant Hegel, l’Europe a un « pour- soi » depuis qu’elle est sortie de la cuisse de Jupiter. La souffrance de son histoire n’est que le résultat d’une dialectique entre elle et les autres civilisations qui ont lutté pour étouffer ce « pour-soi » en vue de se protéger elles-mêmes, sans parler des peuples-résultat qui, comme les Américains, on perdu leur « en- soi » en se faisant happer par le « pour-soi » des Archontes. Mais ne digressons pas:  la vraie question est de savoir où en sont les Asiatiques, prisonniers de leur « en-soi » en cette fin de l’Âge Sombre ? Cette Asie, formée de jeunes peuples de vieillards, divisée entre trois pôles, l’Inde, la Chine et le Japon, doit maintenant décider de renouer avec le « pour-soi » qu’elle a perdu depuis le départ des Touraniens vers l’Ouest. »

« Les Touraniens ? » s’étonne Dumans, tandis que Massoud acquiesce. Selwyn reprend: « Je parle de l’espace “mental” Turco-Mongol et Toungouze, qui rassemble les Touraniens, ces Touraniens qui sont devenus l’extramonde des Européens de demain. »

Massoud renchérit :

« Songeons ici à Keyserling; il constate, alors qu’il parle au début du XXe siècle, que seuls deux peuples ont été capables de façonner le monde sans l’avilir : les Européens et les Touraniens. On peut en conclure que les Européens ont donné un sens à une religion masochiste, le christianisme, en la paganisant; les Touraniens ont donné un sens à une religion guerrière, l’Islam, en l’organisant. »

Selwyn prolonge :

« Il est important ici de réaliser que feu l’empire soviétique, par delà son marxisme naïf, a bien été l’héritier par adoption desdits Touraniens qui avaient ainsi fécondé le peuple russe d’un « pour-soi » profondément refoulé dans son inconscient. L’enjeu, pour ceux de Tellus, est bien donc maintenant, tandis que cet empire implose, de pieusement sauvegarder ce « pour-soi » et de le refonder au bénéfice de l’ensemble de l’Eurasie géopolitique ! »

La nuit est maintenant tombée sur L’Akhénaton. Arrêt image sur la dialectique de Tellus et Neptune.

 

 

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