Accueil Hémisphère Nord Combat Pour l’Hémisphère Nord (extraits): il arrive à Vladivostok, un coup d’État en tête

Combat Pour l’Hémisphère Nord (extraits): il arrive à Vladivostok, un coup d’État en tête

Vladivostok, Terminus

Ainsi, l’homme aux tempes d’argent a parcouru un périple de neuf mille trois cent kilomètres dans le wagon classe confort du transsibérien à destination de Vladivostok, « Seigneur de l’Orient », à l’extrémité sud de la péninsule Mouraviov-Amoursky.

Nous sommes, à vol d’oiseau, à six mille quatre cent trois kilomètres de Moscou, huit mille quatre cent kilomètres de San Francisco, à un peu plus de mille kilomètres de Séoul et de Pékin, à un jet de pierre de la frontière Chinoise. A la même latitude que Marseille, La Corogne, Boston ou Toronto. Nous sommes en septembre, en début de soirée. Il fait un agréable 13 degrés centigrades. L’humidité de l’air est de 70%.

L’homme a beaucoup bu, fumé, lu, écrit et réécrit.

Ce n’était pas un voyage touristique. Il ne se souvient d’aucune ville, d’aucun paysage. Seulement peut-être de quelques visages qui vont qui viennent, au rythme des arrêts, de quelques odeurs. Il a tout simplement travaillé, décortiqué le dossier du sujet « X ». Il pense mieux le connaitre. Il l’avait interrogé, en compagnie de ses collègues experts psychiatres, il y a deux mois, ici même, sous haute sécurité, à l’hôpital psychiatrique de l’Université du Maryland à Vladivostok, que finance la Fondation John McCain. En attendant que le « patient » ne soit transféré prochainement dans une institution militaire dans la région de Krasnoïarsk.

Somme toute il s’agit médicalement d’un cas assez banal, et l’homme se demande si, dans des conditions normales, cela mériterait vraiment d’être rapporté à l’importante Convention Psychiatrique internationale, choisie par la Fondation Clinton pour servir de caisse de résonance internationale à l’opération.

Le sujet « X » avait été choisi pour présider, temporairement, la Fédération de Russie, parce qu’il était, croyait-on, inoffensif : encore l’un de ces anciens nostalgiques du Parti, peu connu, prônant une restauration impériale, comme tant de mauvais perdants post-communistes, mais toutefois reconverti dans l’enrichissement personnel, avec de grandes capacités d’organisation.

Or, aussitôt élu, le sujet “X” a inquiété l’establishment politique américain pour sa calamiteuse tendance à ne pas reconnaitre la victoire des États-Unis, encore moins admettre la capitulation de Moscou, troisième Rome impériale. Il a donc été « sanctionné » par les gens d’affaires occidentaux qui avancent sur les décombres de l’URSS : les médias internationaux le disent hospitalisé quelque part dans l’oblast de Sverdlovsk, en dépression nerveuse.

Il s’agit maintenant pour l’Ouest de protéger son ordre mondial unipolaire, d’orchestrer le coup d’État légal, de déclarer “X” inapte au pouvoir, rapidement. Et de le remplacer par un homme-lige qui aura la lourde tâche de restructurer la dette de la Russie ainsi que celle des anciennes républiques de l’URSS, de relancer la production énergétique, d’assurer l’ordre public, et surtout d’agir en tant que proconsul du Sénat américain, qui tient depuis la nuit des temps les cartes de la politique étrangère des États-Unis. Les candidats se pressent déjà, en particulier certains citoyens américains d’origine russe, qui pourront jouer de leur double nationalité.

Cela, à un moment historique où la Russie, bientôt dénucléarisée, rejoindra le club des nations respectables, où les affaires seront les affaires, où les États-Unis seront tout à la fois le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest du monde.

C’est donc l’homme aux cheveux d’argent qui va offrir caution à l’escamotage, et monter le « dossier de licenciement » du sujet « X ». Mais alors, comment bâtir un cas médical crédible ?

[…]

L’homme aux tempes d’argent sort de la gare, superbe bâtisse qui rappelle l’époque glorieuse de la ville au début du XXe siècle. Sur l’esplanade, il monte dans un taxi, lui demande de le conduire à l’Hôtel Versailles, au 10 Svetlanskaya ulitsa, dans le quartier historique, et centre des affaires. Il est fourbu.

Choisissant la simplicité, il en vient à la conclusion que la façon la plus professionnelle d’aborder le dossier sera de se concentrer sur l’approche psychotique. Le sujet « X » souffrira ainsi d’une incontestable psychose, coagulée dans un délire qui n’est toutefois pas souffrance : car le malade règne en son délire, omnipotent, réfutant toute autocritique, immergé dans une pensée sortie du réel, et ce en dépit d’une intelligence supérieure à la normale, alimentée d’une érudition hétéroclite constituée lors de ses multiples séjours diplomatiques.

Lors des interrogatoires, le sujet a volontiers cité ses sources d’inspiration : Gramsci, Sternhell, Fabre d’Olivet, Tocqueville, Evola, Lénine, Berdiaieff, Frisch, Camus, Ionesco, Dostoïevski, Toynbee, Saint-Yves d’Alveydre, Weber, Bergier, Hayek, Heidegger, Papus, Sorokine, Abellio, Mills, Guénon, Keyserling, Schumpeter, Mosca, Charpy de Sainte-Croix, Brzezinski, et bien d’autres, sont autant d’ancrages qui ont amplifié sa parfaite connaissance de Montesquieu, Rousseau, Hegel, Marx, Nietzsche, Spengler, et surtout du Coran. Avec une obsession particulière pour l’initié Taçawwuf, l’iranien Mansour Al-Hallaj. Le sujet s’est ainsi construit un thesaurus, matrice d’une nouvelle synthèse, qu’il place au carrefour des traditions « primordiales » du monde.

En fait, il ne se distingue pas à première vue des autres personnes cultivées, de celles et ceux qui ont bénéficié d’une éducation « classique ». Son délire est clair, cohérent, extrêmement bien systématisé.

Il serait donc en infraction d’abus de culture générale.

 

(Photo: IS Exhibitions, Moscou, Kiev)

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