Accueil Analyses Primaires américaines: 32 candidats démocrates potentiels, histoire de ratisser large en brouillant les pistes ?

Primaires américaines: 32 candidats démocrates potentiels, histoire de ratisser large en brouillant les pistes ?

Pour l’instant les médias ne rêvent que de Kamala Harris, qui incarne parfaitement l’Amérique de demain (autant que de 1776). Bernie Sanders se présentera pourtant à la prochaine élection présidentielle, comme possiblement 32 autres (dont 15 probables). Concentrons-nous sur l’objectif : priver Trump de ses électeurs autant que de l’infrastructure électorale républicaine avant la prochaine élection de 2020. Les démocrates, qui veulent, en dépit de leurs divisions, ramener les États-Unis à leur mission originelle – le réceptacle des réfugiés du monde–, chassent toujours en meute lorsque la proie est proche. Les républicains sont plutôt des hétaïres* au service des donateurs, qui n’ont pas toujours les mêmes urgences. Les démocrates n’ont peur de rien, les républicains se couchent à la moindre peur et ne veulent certainement pas chasser en meute.

Mais ils connaissent la politique politicienne. Après l’élection de 2016, qui hurlait « changement! »,  les républicains ont fait comme si de rien n’était (faisant passer les lois ou ordonnances qui les intéressaient), bloquant Trump sur sa politique internationale, sur sa promesse de l’ordre dans le commerce mondial, sur son idée de système de santé universel, sur les infrastructures, sur l’abandon des « changements de régimes » à l’étranger. Il aborde donc la prochaine élection en devant habilement « faire semblant » d’avoir réussi et n’a, pour ressource, que de tenter de revenir à sa campagne de 2015-16.

L’establishment républicain (qui vient d’humilier Trump, une fois encore, sur le mur après le shutdown) autant que l’establishment démocrate (tout aussi « frontières ouvertes ») n’auront donc de cesse de le harceler (grâce à la myriade d’enquêtes parlementaires qui viennent de se lancer contre Trump, grâce à Mueller, grâce aux affaires judiciaires « de droit commun », qui vont pondre un chapelet de bombes à retardement, impeachment ou pas) afin, essentiellement, de faire baisser ses sondages et de le forcer aimablement à se retirer de la course. C’est la thèse de Rush Limbaugh, commentateur très écouté qui fait partie de ceux qui considèrent que Trump est victime d’un coup d’État larvé.

Les primaires démocrates ont ainsi un double objectif :
a) Priver Trump de son électorat, chaque candidat ramenant au bercail les subdivisions électorales qui avaient voté pour Trump (y compris les « pacifistes ») et les « garder au chaud » le temps qu’un candidat de l’establishment coagule l’ensemble.
b) Séduire, en outre, les « mous » républicains qui se rallieraient au candidat de l’establishment. À noter que si Trump disparaît, il n’y a pas de relève républicaine immédiate et que seul un tocard pourrait se représenter… en attendant un prochain cycle.

Le rêve de l’establishment du « parti unique » serait probablement, alors, de sortir un lapin du chapeau, par exemple un milliardaire démocrate « hégémoniste » (Bloomberg, Schultz) dans une sorte d’initiative de salut public. Et ce milliardaire prendrait dans son équipe les meilleurs des primaires, ainsi récompensés (la très intelligente Kamala Harris – intéressant hybride entre Obama et Hillary –, Cory Booker, Julián Castro, Kirsten Gillibrand, Andrew Yang, Eric Swalwell, des républicains #NeverTrump, etc.).

Reste le club des anciens : Sanders s’était fait avoir par Hillary. Il avait ramené des foules… qui n’ont pas toutes voté ! Il est vieux, blanc, mâle et pauvre. Joe Biden s’était fait avoir par Hillary. Il ressemble beaucoup (verbalement) à Trump. Il est vieux, blanc, mâle et pas (assez) riche. Et enfin Trump, vieux, blanc, mâle, riche… et qui a prouvé qu’il sait gagner par surprise. Alors…

* NDLR : une hétaïre était, dans la Grèce antique, une courtisane de rang élevé

Bvoltaire.com

 

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