Accueil Analyses Trump « ferme » les services publics et « se retire » de Syrie : quid ?

Trump « ferme » les services publics et « se retire » de Syrie : quid ?

Trump se trouve chroniquement confronté à une classe politique qui est fascinée par le mythe des frontières ouvertes comme par celui de la distribution internationale du travail, quelles que soient les conséquences pour les salariés et petits entrepreneurs des États de la planète. La « gauche » et la « droite » marchent ainsi de conserve afin de détruire les principes mêmes de la souveraineté comme de l’identité (sauf pour les minorités) , au besoin en utilisant urbi et orbi l’immense puissance militaire américaine comme la milice privée des intérêts transnationaux.

Il va de soi que les néoconservateurs, les agences de renseignement, et l’univers “caritatif” mondial des frontièrs ouvertes avaient décidé dès 2016 d’annuler l’élection de Trump l’hérétique en manipulant leurs “idiots utiles”: les démocrates, avides de revanche suite à l’échec humiliant de Madame Clinton. Une campagne de déstabilisation, digne de celles qui furent jadis menées contre Juan Perón (en Argentine) et Salvador Allende (au Chili), s’est ainsi mise en marche. Dans l’intervalle, les républicains, après l’avoir ouvertement haï, font mine de soutenir Trump comme la corde soutient le pendu, cependant que les démocrates rêvent du jour où les 20 millions d’immigrants illégaux seront automatiquement naturalisés.

Concrètement, l’orchestration non-stop de la thématique russe a pu justifier la nomination d’un procureur spécial (Mueller) qui dispose de larges pouvoirs lui permettant de rechercher chez Trump et sa famille de potentielles infractions financières… pénales. Bref, il s’agit de coincer Trump selon le “modèle Eliot Ness contre Al Capone” (tombé pour fraude fiscale et non pas pour gangstérisme).

La récente crise budgétaire « sur le mur » comme le scandale provoqué par Trump en annonçant son intention de quitter la Syrie (voire l’Afghanistan) n’est en fait qu’un épisode de l’éternel combat entre ceux de Neptune (le grand large économiste et sorocratique) et ceux de Tellus (le sacré et le territoire). Autrement dit, la lutte entre Veau d’Or et les peuples de prêtres se poursuit.

Le tout sur un « problème de fonds » typiquement étatsunien: l’incapacité du pays à reconsidérer des pratiques budgétaires archaïques qui font, depuis des décennies, voler l’État de budget intermédiaire en budget intermédiaire, de fermeture partielle en fermeture partielle… sans jamais vouloir remettre en question ses priorités financières. Si l’on ajoute à cela que les règles internes au Sénat exigent, pour certaines mesures, une majorité de 60 sénateurs sur les 100, l’ensemble du système se grippe chroniquement, pour le grand bénéfice des crocodiles qui peuplent le marécage des compromis.

Sur la question migratoire, Trump s’était fait flouer, en début d’année, par les parlementaires qui, lors d’un budget intermédiaire dit « omnibus », avaient fait sauter le financement du mur à la toute dernière minute, lui promettant de procéder à ce financement à l’automne. Cette promesse non tenue (comme celle du financement des grands travaux d’infrastructures) a récemment coûté la perte de la chambre basse aux républicains (mais aussi le départ des républicains faux jetons).

Trump, aiguillonné, et sachant que l’année 2019 finira en impeachment s’il ne réagit pas, a utilisé le prétexte du dernier budget intermédiaire de l’année pour faire un show à la Maison-Blanche en compagnie des leaders démocrates Pelosi et Schumer, menaçant de ne signer aucun budget qui ne comprendrait pas un à-valoir de cinq milliards sur le mur. Puis il a poussé la Chambre (actuelle) à passer un texte allant dans son sens afin de coincer le Sénat (actuel) qui ne veut pas du mur (le Congrès nouveau démarrant début janvier). D’où le récent blocage partiel des services publics.

La raison officielle des opposants au mur est que cela coûte cher (à noter que la totalité du budget américain est de 4.400 milliards de dollars) et que ce n’est pas efficace (demander à Israël…). La réponse de Trump a été de prendre l’argument au mot : le mur relevant de la sécurité nationale, trouvons les cinq milliards dans les quelque 880 milliards de dépenses militaires (The Balance – US Budget Breakdown). Les caciques du Pentagone et du Sénat auraient résisté. Il a donc pris la décision – par tweet – d’annoncer le départ des troupes américaines de la Syrie, suggérant une mesure identique en Afghanistan. Ce qui a causé la démission accélérée du général Mattis, ministre de la Défense, et la nomination, dimanche, d’un ministre intérimaire.

Trump pourrait-il imposer sa vision à l’establishment ? Pas sûr. Reste que, avec ou sans Trump, cette crise révèle que les États-Unis n’ont plus les ressources pour à la fois conquérir le monde, assurer leur sécurité aux frontières, refinancer leurs infrastructures autant que leur déplorable système de santé.

Consulter aussi

Les hispaniques et afro-américains éliront-ils Trump?

Chaque fois que Trump sent que ça traine du pied dans sa bureaucratie, ou chez …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close