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Donc Trump serait un idiot

Il suffit de taper le mot « idiot » sur Google Images pour voir apparaître moult photos de Trump ou de ses deux fils. Sacrés algorithmes…

Le chroniqueur britanno-américain Steve Hilton, ancien collaborateur du Premier Ministre David Cameron et auteur du livre Positive Populism: Revolutionary Ideas to Rebuild Economic Security, Family and Community in America, vient de dresser ce dimanche, dans son émission (« The Next Revolution », Fox News), un bilan assez objectif de la présidence Trump.

Côté actif, « l’idiot » a bien avancé. Sous sa présidence, en pleine croissance économique, les émissions de carbone ont diminué de 0,5 %, cependant que la très sainte Union européenne, stagnante, a connu une augmentation de 1,5 %. Pourquoi ? Par rationalisation industrielle plutôt que par piété écologiste. Quid, alors, du taux de pauvreté américain ? Cette année, il sera significativement plus bas que sous huit ans de présidence Obama. Il y a, bien sûr, les baisses d’impôt « pour les riches » ! C’est vrai. Sauf que la tranche à 0 % des plus pauvres a été très augmentée, ce qui a exonéré des millions de contribuables supplémentaires de l’impôt fédéral (aujourd’hui, environ la moitié des Américains ne paient pas ou plus d’impôt fédéral).

Quant au taux de chômage, il est maintenant le plus bas depuis 1959, soutenu par « la meilleure performance économique depuis 2005 » (New York Times). Et les salaires (en baisse réelle pendant près de quarante ans) sont en augmentation constante depuis deux ans (+3,5 % ce dernier trimestre). Cela au moment où le pays devient exportateur net d’énergie, donc indépendant.

Et puis, il y a la discussion coréenne, les négociations économiques avec la Chine (où l’on voit cette dernière, pour la première fois, reculer, ne sachant plus quel lobbyiste ou quel parlementaire acheter). Sans oublier sa réforme (« de gauche ») du système d’application des peines, comme sa politique (« de droite ») de nomination de juges constitutionnalistes plutôt que législateurs. Ou la récente création de zones économiques destinées à régénérer les quartiers sinistrés.

Côté passif, Trump n’a cependant pas tenu ses promesses sur deux fronts fondamentaux qui sont la clé de sa réélection présidentielle en 2020 : l’immigration et le système de santé.

Trump n’a toujours pas pu faire passer sa réforme de l’immigration « à la canadienne » proposée lors de sa campagne électorale (immigration choisie, système de notes en fonction de critères économiques et linguistiques) et s’est fait rouler par le (républicain) Speaker Ryan sur le mur. Il a donc été battu par le « lobby esclavagiste » qui veut importer des électeurs (démocrates) pas chers, financés par les impôts des classes moyennes en voie de prolétarisation qui verront leurs salaires écrasés par les entreprises (républicaines). Quant au système de santé, Trump avait pour idée de briser le carcan artificiel des frontières entre les cinquante États de l’Union afin de créer une compétition réelle sur tout le territoire entre les entreprises d’assurances afin d’offrir un service de santé universel en évitant les manipulations et copinages électoralistes locaux. Silence radio du Congrès républicain.

Les républicains, au service des donateurs pour bloquer le plan trumpien d’infrastructures autant que le mur (dont le coût équivaut aux subventions versées à l’Amérique centrale et au Mexique du Sud  précisément pour « fixer sur place » des populations qui pourtant continuent de passer la frontière), espèrent-ils limoger Trump en 2019 et le remplacer par « l’un des leurs » qui pourrait revendiquer ses succès économiques avant l’élection présidentielle de 2020 ? Le procureur Mueller semble bien là pour faciliter un tel processus, en continuité avec l’intelligent travail de sape organisé par ses amis Brennan (ex CIA), Clapper (ex patron de la Sécurité Nationale), et bien sûr Comey (ex FBI).

Auquel cas, Trump serait bel et bien un idiot. 

BVoltaire

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