Accueil Hémisphère Nord Enjeux géopolitiques et spirituels des trente prochaines années

Enjeux géopolitiques et spirituels des trente prochaines années

Entretien avec André Archimbaud, auteur de L’hémisphère nord. L’amour d’Ariane (comprendre les enjeux géopolitiques et spirituels des trente prochaines années) (éditions Avatar)

Vous avez passé l’essentiel de votre vie professionnelle hors de France et vivez maintenant au Québec, après avoir travaillé sur plusieurs continents. Pourquoi ce livre ?

C’est fondamentalement le livre d’un père qui s’adresse à sa fille qui vient de naître afin de la guider dans le labyrinthe de la vie et lui donner accès à la compréhension des enjeux mondiaux qui influeront sur son existence, son identité. C’est un message sur les impostures du petit bonheur proposé par le mondialisme humanitaire qui semble aller de soi. J’avais commencé il y a trois décennies la rédaction du livre, à la naissance de ma fille, et la vie a fait que je le publie seulement maintenant, ce qui me permet de l’offrir également aux jeunes générations qui n’ont aucune idée qu’il existe autre chose que le mondialisme sur cette planète. C’est donc un livre de « transmission », une capsule de temps qui respire les électrons de Guénon, d’Evola, et surtout d’Abellio et de tant d’autres. D’où l’importante annexe bibliographique commentée en fin d’ouvrage.

Vous parlez d’identité à transmettre, vous le globe-trotter. N’est-ce pas antinomique ?

Je suis, il est vrai, un nomade du corps et un sédentaire de l’esprit qui se sent bien partout où la conscience s’élève, et mal partout où règne la vérité officielle du moralisme. Et, pour être bien clair, d’identité je me sens avant tout un Européen d’expression française. Si j’aime la France, je vénère l’Europe, cette merveilleuse machine à transformer la quantité en qualité, l’Europe qui aujourd’hui est en attente d’une renaissance, d’une réanimation.

Votre « essai en forme de roman » offre un parcours initiatique sur fond géopolitique, si je comprends bien. De quoi le monde est-il malade aujourd’hui ?

De l’agonie du Sacré ! C’est aussi simple que cela. Cette anomalie qu’est le XXe siècle a enterré les empires (européens, asiatiques, autant que l’ottoman) pour faire don à l’Amérique des commandes de l’Histoire. La fin de l’Union soviétique a ensuite plongé Washington dans la déraison, dans l’aveuglement. Résultat : l’hégémonisme d’une élite américaine ivre de puissance, qui pense être en droit de prendre le contrôle de tout l’hémisphère nord, autrement dit du moteur historique, culturel, économique et spirituel de l’humanité. Et ce au moment même où, comme dans le cas de l’URSS, elle n’a plus les moyens de sa politique. Nous assistons donc à un chant du cygne, avec tous les dangers que cela représente.

Alors que faire ?

Dès lors que l’opposition est clairement identifiée, il est plus facile de faire le tri entre les vraies et les fausses contradictions. C’est exactement ce que font les personnages du livre, issus de contextes parfois opposés, qui sont étonnamment rejoints par la réincarnation du Mahdi Jafar Al Sadiq et se constituent en une nouvelle prêtrise eurasienne afin de redonner un sens à l’Histoire. Ce qui nous propulse en une autre dimension, celle de la conscience transcendantale, sphérique, qui révèle que depuis les cycles védantiques originels l’Occident a toujours été mobile, bref qu’il n’est plus aujourd’hui à l’ouest, ce qui entrouvre un cycle historique d’intenses perturbations.

Quoi par exemple ?

Le livre propose un tableau futuriste, où les impulsions proviennent d’une Eurasie impériale, profondément spirituelle. L’ouvrage se termine alors sobrement en 2035 sur un relais passé entre ses deux héroïnes : celle de la narration présente (Atalanta), et celle de la narration future (Ariane). C’est entre ces deux narrations que se dessine ce monde où l’Amérique, réduite à un tiers de sa surface actuelle, est dirigé par la secte initiatique musulmane des qarmates, où des dizaines de millions de ses citoyens ont trouvé refuge en la nouvelle Eurasie, où la Chine est démantelée, supplantée par le Tibet, où la Californie et le Canada ont disparu, où l’Islam est en pleine restructuration, où la Knesset est transplantée à Alexandrie, ainsi de suite.

Votre livre donne l’impression que vous ne choisissez pas entre d’un côté les ésotérismes des trois religions du Livre comme de la gnose ou de la franc-maçonnerie, et de l’autre le paganisme européen et les traditions védantiques et taoïstes…

Ce n’est effectivement pas un livre de « militant ». Il pourra donc exaspérer certains. J’ai eu la chance de naître en Méditerranée, en terre d’Empire, sous les rayons obliques du soleil d’Apollon, celui qui révèle les reliefs de la diversité plutôt qu’il ne les écrase. C’est donc pour moi la définition de l’adversaire – le choix par excellence ! – qui fructifie les coalitions. Tel est le message praxique de ce parcours initiatique. Aujourd’hui, bien des écoles de pensée comprennent que le sort de l’humanité dépend de la réactivation du Sacré, donc de la Justice, de l’Honneur, de la Beauté. De nouvelles prêtrises émergent déjà, qui remplaceront la morbidité saturnienne de nos dirigeants actuels. De nouvelles coalitions nous attendent donc. Telle sera je crois la mission de l’Eurasie au XXIe siècle.

eurolibertés.com

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